"Peinture XIXème" est une exposition sur la peinture du XIXème arrondissement. L'exposition se trouve dans le XIXème arrondissement. Elle est le XIXème arrondissement et à la fois elle n'est rien. L'exposition existe par son catalogue.
Timothee Talard
REHABITATION
L’habitation est un lieu clos (couvert) ou l’on habite
de façon durable.
Habitation :
fait d'habiter, de vivre en un lieu
lieu où vivent les hommes
domicile, logement
-re :
préfixe latin exprimant l'idée de répétition
Mon projet consiste à récupérer dans la rue tous les matériaux qui
ont été extraits des habitats traditionnels afin de pouvoir
construire une nouvelle unité d’habitation apparentée a la
cabane.
Je glanerais aussi bien les matériaux de constructions (bois,
carreau de plâtre, briques…) que les objets quotidiens
usuels (meubles, objets de décoration…).
Construire une cabane est un rêve d’enfant. Elle place
l’enfant au cœur de son environnement, le plus souvent
en pleine nature. Un abri de bric et de broc patiemment construit
durant l’été au fond du jardin, pour se réfugier, jouer et
rêver ou même un carton géant détourné de sa fonction
d’emballage et planté dans la chambre font partie des grands
classiques de l’enfance. Une sorte de petit espace à soi dans
le grand tout que constituent l’appartement ou la maison
familiale.
Ce havre de paix et d’aventure est aussi un rêve
d’adulte. Ainsi les cabanons provençaux des calanques ou les
cabanes à outils des jardins ouvriers remplissent cette fonction de
refuge et de villégiature modeste. D’ailleurs, la cabane,
métamorphosée par l’argent et les traditions architecturales
locales, est aussi en partie à l’origine, au cours du 19e
siècle, de ces maisons de vacances qui ont fait grand usage du bois
: villa anglo-normande, villa landaise ou basque, chalet
savoyard.
Pour construire une cabane, peu d’éléments sont nécessaires,
et elle permet dès lors de s’abriter des éléments et
d’abriter la famille autour du foyer. La cabane peut, ainsi,
être considérée comme le point de départ d’une histoire de la
maison et le modèle de toute architecture.
Il existe deux images très contrastées de la cabane. La première
est celle d'un logement à peine digne de ce nom, insalubre, étroit,
réservé à des hommes pauvres aux professions solitaires et nomades
(pêcheurs, bergers) ; la seconde est celle d'un idyllique cocon
retranché dans lequel les enfants viennent se lover, se cacher, se
raconter des histoires et fuir la réalité contraignante des
adultes. Entre les deux, il y a la cabane réelle : une habitation
terre à terre, un lieu de retour à soi, où logement ne veut plus
dire artifice et où le rêve peut rejoindre la simplicité.
L’objet de cette unité d’habitation n’est pas
d’appeler la favelas ou la précarité, mais plutôt
d’offrir une alternative par la réhabilitation en
questionnant les idées de ressources, d’activités et de
contrôle.
La cabane est incontestablement dans l'esprit du temps, elle
s'intègre à merveille dans cet engouement vers un retour à la
nature, un besoin de se ressourcer, de se re-naturer. La cabane est
davantage une aventure mentale, un lieu psychique qu'une
construction architecturale. Elle est le reflet des rêves d'un
individu. Elle est par conséquent personnelle, originale,
unique.
Alors que la maison est une inscription dans le temps et dans
l'espace, la cabane relève d'un état transitoire, d'un équilibre
instable et précaire, son destin est lié au caractère éphémère du
temps.
Elle est aussi passage obligé vers un univers onirique, retraite
indispensable pour y déposer ses secrets les plus intimes,
isolement et immersion dans la nature car elle nous permet de
replonger dans un état archaïque de bonheur et de
bien-être.







